Soutiens

Les bactéries naturellement présentes dans notre intestin peuvent-elles nous protéger lors d’infections pulmonaires ? Notre ADN peut-il nous permettre de nous débarrasser du virus de l’hépatite C ? Notre patrimoine génétique peut-il au contraire nous rendre plus vulnérable à certaines infections ? Comment prédire quels sont les patients qui vont répondre de façon optimal au traitement contre le VIH et quels sont ceux pour qui le traitement n’aura aucun effet ? Les soutiens accordés par la Fondation Santos-Suarez permettent aux chercheurs qui en bénéficient de répondre à ces questions. Les connaissances issues de ces recherches permettent aux équipes soignantes d’affiner et de personnaliser les stratégies thérapeutiques proposés aux patients atteints de maladies infectieuses.

Au milieu des années 90, le premier soutien apporté par la Fondation a participé à la création du Centre Lémanique de Recherche sur le SIDA en permettant la venue de Giuseppe Pantaleo à Lausanne. Cette initiative a incité la Fondation Giorgio Cavalieri à soutenir parallèlement un poste à Genève pour attirer Didier Trono. Ceci a permis à ces deux chercheurs réputés de s’établir dans l’arc lémanique et de lancer des programmes de recherche d’envergure mondiale. Depuis lors, le Professeur Pantaleo est devenu chef du Service d’immunologie et d’allergie du Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV). De son côté le Professeur Trono a dirigé la Faculté des sciences de la vie de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) de sa création en 2004 jusqu’en 2012. Il est aujourd’hui à la tête du Laboratoire de virologie et génétique de cette faculté.

Le soutien suivant a permis à Amalio Telenti de développer un programme ambitieux de recherche dans le domaine l’infection VIH lors de son arrivée à Lausanne. Son équipe a notamment étudié les réponses différenciées des patients aux traitements anti-rétroviraux, en s’appuyant sur la pharmacogénétique. Le Professeur Telenti a récemment rejoint le prestigieux Scripps Research Institute en Californie.

Un autre domaine de recherche soutenu par la Fondation est celui de l’immunité innée. L’immunité innée est le nom donné aux mécanismes de défense du système immunitaire qui ne nécessitent pas d’exposition préalable à l’agent pathogène ou infectieux. Grâce à ce soutien, Thierry Calandra et son équipe ont notamment étudié comment les variations de certains gènes influençaient l’efficacité de la réponse immunitaire innée notamment lors d’infections bactériennes sévères. Le Professeur Thierry Calandra est maintenant chef du Service de Maladies Infectieuses  du CHUV.

Plus récemment la Fondation a encouragé et soutenu la recherche en génétique des maladies infectieuses de deux chercheurs identifiés pour la relève académique, et leurs équipes : Jacques Fellay et Pierre-Yves Bochud, tous deux Professeurs associés à l’Université de Lausanne. Pierre-Yves Bochud étudie certaines variations génétiques et leurs liens avec la susceptibilité des individus à l’égard de diverses infections. La mise au jour de ces variations (appelées polymorphismes) pourrait permettre de développer des prises en charge personnalisées et notamment d’identifier de façon précoce les patients les plus vulnérables. Jacques Fellay au CHUV et à l’EPFL a mis en évidence l’existence d’interactions au niveau génétique entre le VIH et les personnes séropositives. Cette recherche a ainsi permis d’identifier les mutations du VIH provoquées par le système immunitaire d’une personne infectée et qui permettent de limiter la capacité de nuisance du virus.